Laurent Marissal alias Painterman

né le 12 septembre 1970 à Clichy (92) ; peintre, il réalise des actions en guise de peintures.

Les actions picturales sont réalisées là où il est, avec ce qu'il y a. Elles révèlent des rapports sociaux, politiques et vitaux ; elles donnent une forme aux conditions de production. Pour le dire avec les mots de Samuel Beckett, sans peinture mais pas sans actions, il peint « l'empêchement de peindre ».

Le récit de ses actions est compilé dans la série « Pinxit » sous la forme d'énoncés, de témoignages, de dessins, de rapports, de tracts, de lettres, d'anecdotes, de poèmes, de dessins, de photographies… La revue —Nada en est l'atelier portatif de ses actions picturales non visibles non cachées de Painterman en milieu hostile comme en Arcadie. Il reste peintre quelles que soient les circonstances.

Rappel des faits

Cela commence en 1997, pour subsister il est gardien au musée Gustave Moreau mais pour exister en peintre il doit reprendre la peinture en dessous de zéro. Sans peinture, il réalise des actions picturales clandestines – renverser sa chaise de gardien, mettre ses doigts dans la peinture du musée rénovation… Sans peinture, il plie le temps de travail sur le travail du temps. Puis, par des actions syndicales‑picturales – tract, grève, manifestation… il parvient à réduire le temps de travail et à augmenter l'espace de pause… Il prend le surnom de Painterman, et publie le récit de sa désaliénation : Pinxit I.

Dans Pinxit II – Où va la peinture, salarié dans un centre de formation en alternance, il résiste à la division du temps et peint les jours ouvrés comme les jours chômés. On peut le suivre retrouver Nietzsche entre deux papes, rencontrer Kafka à Prague, périr par la nageuse, rendre un hommage pirate à Sol Lewitt, déplacer la stèle de Félix Guattari sur d'autres tombes…

Pinxit III – aca nada (il n'y a rien ici) se déroule entre Paris et Montréal. Le peintre a trouvé là son Arcadie, on le voit organiser une exposition clandestine dans un hôtel au Québec, peindre en parlant grâce au froid sur le Mont Royal, durant le printemps d'érable organiser une manifestation place du Canada à Paris concomitante de la manifestation place du Canada à Montréal, entre deux papes devenir indien, peindre la frontière entre les USA et le Canada, occuper le centre culturel canadien à Paris, communiquer avec un astronaute canadien en orbite…

De retour à Paris, Laurent Marissal alias Painterman s'oppose à Bibendum, inaugure la vitrine fantôme de Robespierre au musée du Barreau de Paris, serre la main à Caïn, fait le portrait de Brecht & Brecht, organise des actions non alignées…

En 2025, Laurent Marissal est nominé au prix Bob Calle, prix de référence du livre d'artiste en France.

Depuis 2019, son action est représentée par mfc-michèle didier.